Présidentielles 2007: demandez le programme !


Grenelle de l’environnement: le bâtiment en première ligne
25 October, 2007, 5:00 pm
Filed under: 1. Par thématique, Développement durable

La table ronde n°1 du Grenelle de l’Environnement a permis de dégager les principales propositions concernant le bâtiment et qui orienteront les futures décisions du Gouvernement.

grenelle.jpg Les objectifs sont très très ambitieux mais néanmoins réalisables. A noter qu’au-delà des exigences qui vont être fixées et du calendrier à tenir, nous devons tempérer le jugement sévère que nous avion rendu dans un précédent article à propos de  l’engagement des pouvoirs publics: de nombreuses mesures complémentaires sont proposées pour permettre à la filière construction et aux ménages de relever le défi des économies d’énergie.  Reste maintenant à savoir si Nicolas Sarkozy tranchera en faveur de ces propositions…

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passoire.jpg Passoires thermiques, votre fin est proche… 

Les propositions sont organisées autour de plusieurs programmes.

  1. Pour le neuf: le parc de logements publics devra avoir une consommation de 50 KWh/m2/an dès 2010 et intégrer systématiquement les énergies renouvelables les plus performantes. Pour le parc de logements privés, 3 échéances: en 2010, passage à la Très Haute Performance Energétique (consommation inférieure d’au moins 20% à la RT 2005), en 2012 on bascule sur la basse consommation (50 KWh/m2/an) et en 2020, généralisation des bâtiments passifs ou à énergie positive.
     
  2. Pour l’existant: dans le parc public, un bilan thermique/carbone sera systématiquement réalisé et les travaux de rénovation thermique seront couplés à des travaux d’accessibilité. L’Etat s’engage à faire les travaux pour ses bâtiments dans les 5 ans. Pour les HLM, des conventions d’objectifs seront conclues (avec priorité aux 800 000 logements les plus dégradés).
    mob.jpg Dans le parc privé, des mécanismes incitatifs puissants seront mis en place (crédits d’impôt majorés, prêts à taux réduit CO2, certificats d’économies d’énergie domestique…), le Diagnostic de Performance Energétique sera obligatoire à chaque vente et des niveaux de performances pourront être exigés (on parle de classes B ou C !). Aussi, la priorité sera donné aux ménages modestes vivant dans des “épaves thermiques” (logements en classe G ou hors catégorie) ce qui est une bonne chose car ce sont les plus touchés par la hausse du coût de l’énergie.
      

 Naissance de l’éco-artisan

super_mario_revolution.jpg Pour faire tous ces travaux, évalués à 600 milliards d’euros par la CAPEB, qui représente l’artisanat du bâtiment, il va falloir que les professionnels se forment et les pouvoirs publics ont prévu un grand plan de formation et la possibilité de se spécialiser en “rénovateur thermique“. En d’autres termes, c’est la naissance d’une nouvelle génération d’artisans capables de vous faire des offres globales. Mais attention, la facture sera salée:  pour chaque logement, c’est en moyenne 15 à 20 000 euros de travaux qu’il faudra mettre sur la table…

Un arbitrage présidentiel très attendu…

president.jpg On attend les arbitrages du Président de la République, notamment sur la Taxe Carbone, mais on réalise déjà aujourd’hui que plus rien ne sera comme avant. On change clairement de braquet car la nécessité du réchauffement climatique nous met tous dos au mur. Maintenant, il n’y a plus qu’à…

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François



Nicolas Hulot, le Gérard Majax de l’écologiquement correct

Nicolas Hulot, Pacte Ecologique, élection présidentielle… depuis plusieurs semaines, réjouissons-nous : l’écologie a fait son entrée dans la campagne présidentielle ! Aux esprits chagrins qui déplorent la couleur vert pâle du Hulot providentiel, les pragmatiques répondent : « Nicolas Hulot permet une sensibilisation, il lance le débat, il oblige les candidats à se positionner sur les enjeux écologiques ».

Le phénomène Hulot révèle en fait toute la perversité de notre système.

Un sympathique animateur de télévision, pour alerter nos élus, lance sur la place publique son Pacte Ecologique, garni de 5 propositions-phares. Celles-ci prétendent adapter en douceur notre société aux enjeux environnementaux de la planète… le changement dans la continuité, c’est plus confortable.
sgeutw92121206193015.jpgLe discours plaît à l’employeur de l’animateur (TF1), à ses sponsors (Bouygues Telecom, l’Oréal, EDF, Apple, St Gobain, etc), aux Français (87% l’approuvent) et par conséquent à tous les candidats à la présidentielle, qui s’empressent de signer son Pacte Ecologique. Troublante unanimité.

D’autant plus troublante que, leur signature encore humide, les candidats expliquent qu’ils ne suivront pas le Pacte Ecologique. Ségolène Royal annonce vouloir aller « au-delà » des 5 propositions tout en écartant l’idée de créer un poste de vice-premier ministre à l’environnement. Nicolas Sarkozy fait encore plus fort, puisqu’en plus il zappe la taxe sur le carbone.

Le système est bien huilé : les présidentiables ont gagné sans trop se fatiguer leur médaille du candidat écologiquement responsable, les électeurs ont eu leur dose de promesses, et Nicolas Hulot n’annoncera probablement pas sa candidature en janvier : c’est certain, l’écologie est entre de bonnes mains !

L’écologie sortie du chapeau

gerardmajax.jpgSi l’on soulève le couvercle de la supercherie, que reste-t-il dans la marmite ? Quelques vagues constats cent fois entendus et râbachés, quelques formules bien senties pour amuser la télé ou la presse écrite, quelques propositions creuses envoyées à la gueule de l’électeur. Du vent.

Effarante perversité de ce système politico-médiatique, qui permet aux candidats de découvrir l’écologie à 6 mois du scrutin, d’enfiler prestement le costume vert pomme du parfait écolo, et de se torcher avec dès que le pigeon-électeur a glissé dans l’urne l’aller-simple pour le trône présidentiel.

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Fred



LCR : l’écologie comme fondement de l’équité sociale

Les questions environnementales tiennent une place toute particulière dans le programme présidentiel de la LCR.

face-noire.jpgEn effet, pour la LCR, « la critique écologiste est partie prenante de la critique capitaliste ». Le manifeste de la LCR explique en effet que la « crise écologique » est une conséquence naturelle du système capitaliste. Et d’expliquer, de manière plutôt juste, que « sans valeur monétaire assignable, les équilibres écologiques sont sans cesses attaqués par l’accumulation du capital ».

On peut ne pas adhérer à la critique systématique du capitalisme, mais mettre en avant la dimension économique de la crise écologique paraît plutôt pertinent.

Ce qui est très intéressant dans les propositions de la LCR, c’est que la question écologique n’est finalement jamais déconnectée de la question sociale. Comme si les enjeux écologiques n’avaient de sens que parce qu’ils impactent sur la santé ou la qualité de vie des hommes.

Ainsi, il s’agit d’engager une rupture avec la « société de consommation marchande » pour :
- assurer une « gestion égalitaire et écologique des ressources mondiales »,
- offrir une « nourriture saine pour tous »,planete-terre.jpg
- promouvoir une agriculture qui garantit un niveau de vie suffisant pour la « paysannerie »,
- engager une « rupture avec la courses aux mégalopoles insalubres, polluantes, ingouvernables démocratiquement »,
- prévenir les catastrophes industrielles,
- Lutter contre les OGM, outils de l’impérialisme des pays du Nord,
- Etc.

Finalement, seule la question de l’énergie est déconnectée de la question sociale : face à l’épuisement des ressources, la LCR préconise (assez classiquement) un recours massif aux énergies renouvelables et aux économies d’énergies.

La LCR  propose donc sur l’écologie une approche très différente de celle des autres candidats.

humanite.jpgIl ne s’agit pas d’introduire des contraintes dans le fonctionnement de notre société, ni de valoriser le potentiel économique que représentent les enjeux écologiques et énergétiques. Il s’agit au contraire de sortir de la logique capitaliste pour être en mesure de remettre l’individu au cœur de la société. Et la lutte écologique n’est finalement qu’une des modalités de cette action en faveur de l’individu.

         Fred



L’écologie, le dernier jeu à la mode pour Noël ?
13 December, 2006, 8:00 am
Filed under: Développement durable, Nicolas Hulot

L’écologie sera-t-elle la farce-et-attrape la plus offerte en cette fin d’année ?

Jacques Chirac vient d’instaurer le 12 décembre un Comité d’honneur présidé par Alain Juppé, avec Nicolas Hulot comme guest star, afin d’organiser la future Conférence internationale sur l’environnement.

Prévue à Paris les 2 et 3 février 2007, elle rassemblera scientifiques, politiques, ONG, médias, afin de réfléchir à la création d’une organisation des Nations unies pour l’Environnement.
Une soixantaine de pays favorables à une instance de l’Onu sur l’environnement seront représentés, mais aussi des nations émergentes plutôt réticentes à cette idée comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud.

Le Président de la République remet à la mode cette thématique… les lois écologiques françaises, crées par une approche très verticale (lois sur la montagne, l’air, l’eau, le littoral…) ne sont pas assez contraignantes, mais c’est déjà pas si mal de les avoir. Il faut désormais travailler avec les nations émergentes… pour appréhender le fond du problème…

Où sont les points de clivage entre la gauche et la droite ?
Le débat n’est plus posé de la sorte, et c’est cela qui est fascinant. Nous sommes dans le même bateau. Les objectifs sont relativement partagés, mais pas les méthodes. Pour Noël, 2 approches différentes, pour secouer les candidats…

Le Pacte écologique
De… Nicolas Hulot. Il s’agite, propose, relaie, passe chez Drucker. Il est un relayeur d’opinion. Sa parole d’or et est relayée sur TF1. Il invite les différents candidats à se positionner par rapport aux grands enjeux et à s’engager sur 5 points :
hulo-la création d’un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable,
- la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone,
- une réorientation de la politique agricole,
- le débat participatif sur les questions d’environnement,
- l’éducation à l’écologie.

9 candidats ont déjà signé son Pacte écologique dont Francois Bayrou et 4 ont se sont déjà engagés aux cotés de Super-Hulot.
Ségolène Royal a assuré qu’elle signerait le Pacte écologique de Nicolas Hulot. “Je le signe tel qu’il est”, a déclaré la candidate présidentielle socialiste …

L’alliance pour la Planète
Une autre initiative vient de voir le jour : il s’agit d’un un collectif d’ONG telles que les amis de la terre, greenpeace, w w f, max havelaar, réseau action climat – France, sortir du nucléaire…Leur legmotiv est sans appel : “Agir pour la Planète ne suffit pas. Il faut aujourd’hui des actions précises“. Si elles restent indépendantes des partis politiques, elles jugeront dorénavant chacun d’entre eux en fonction d’actes précis.

alliance pour la planeteLeur approche est malheureusement moins médiatisée, mais est très originale. Ce collectif note les différents partis politiques sur leurs propositions, mais également sur leur passé politique. Pertinent !
L’alliance pour la planète a défini 24 mesures essentielles, morceaux choisis :
- Climat : urgence : Arrêter les financements publics aux énergies non renouvelables au profit des énergies propres et des économies d’énergie.
- Stopper les destructions : Supprimer les aides publiques aux activités qui portent préjudice aux milieux naturels et à l’environnement.
- Produire sans nuire : Convertir 25% des terres agricoles en agriculture biologique et réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse.
- Solidaire, responsable et citoyen : Mettre fin aux subventions qui contribuent à l’appauvrissement des pays du Sud, notamment sur les produits agricoles et les capacités de pêche.

Alors pour Noël… êtes -vous plutôt Hulot, l’écologie qui sent bon ou Alliance des planètes, au bon goût d’ONG ?

Pierre