La table ronde n°1 du Grenelle de l’Environnement a permis de dégager les principales propositions concernant le bâtiment et qui orienteront les futures décisions du Gouvernement.
Les objectifs sont très très ambitieux mais néanmoins réalisables. A noter qu’au-delà des exigences qui vont être fixées et du calendrier à tenir, nous devons tempérer le jugement sévère que nous avion rendu dans un précédent article à propos de l’engagement des pouvoirs publics: de nombreuses mesures complémentaires sont proposées pour permettre à la filière construction et aux ménages de relever le défi des économies d’énergie. Reste maintenant à savoir si Nicolas Sarkozy tranchera en faveur de ces propositions…
.
Passoires thermiques, votre fin est proche…
Les propositions sont organisées autour de plusieurs programmes.
- Pour le neuf: le parc de logements publics devra avoir une consommation de 50 KWh/m2/an dès 2010 et intégrer systématiquement les énergies renouvelables les plus performantes. Pour le parc de logements privés, 3 échéances: en 2010, passage à la Très Haute Performance Energétique (consommation inférieure d’au moins 20% à la RT 2005), en 2012 on bascule sur la basse consommation (50 KWh/m2/an) et en 2020, généralisation des bâtiments passifs ou à énergie positive.
-
Pour l’existant: dans le parc public, un bilan thermique/carbone sera systématiquement réalisé et les travaux de rénovation thermique seront couplés à des travaux d’accessibilité. L’Etat s’engage à faire les travaux pour ses bâtiments dans les 5 ans. Pour les HLM, des conventions d’objectifs seront conclues (avec priorité aux 800 000 logements les plus dégradés).
Dans le parc privé, des mécanismes incitatifs puissants seront mis en place (crédits d’impôt majorés, prêts à taux réduit CO2, certificats d’économies d’énergie domestique…), le Diagnostic de Performance Energétique sera obligatoire à chaque vente et des niveaux de performances pourront être exigés (on parle de classes B ou C !). Aussi, la priorité sera donné aux ménages modestes vivant dans des “épaves thermiques” (logements en classe G ou hors catégorie) ce qui est une bonne chose car ce sont les plus touchés par la hausse du coût de l’énergie.
Naissance de l’éco-artisan
Pour faire tous ces travaux, évalués à 600 milliards d’euros par la CAPEB, qui représente l’artisanat du bâtiment, il va falloir que les professionnels se forment et les pouvoirs publics ont prévu un grand plan de formation et la possibilité de se spécialiser en “rénovateur thermique“. En d’autres termes, c’est la naissance d’une nouvelle génération d’artisans capables de vous faire des offres globales. Mais attention, la facture sera salée: pour chaque logement, c’est en moyenne 15 à 20 000 euros de travaux qu’il faudra mettre sur la table…
Un arbitrage présidentiel très attendu…
On attend les arbitrages du Président de la République, notamment sur la Taxe Carbone, mais on réalise déjà aujourd’hui que plus rien ne sera comme avant. On change clairement de braquet car la nécessité du réchauffement climatique nous met tous dos au mur. Maintenant, il n’y a plus qu’à…
.
François